
En ce début d’année, l’agence américaine de réglementation des produits alimentaires donnait son feu vert à la commercialisation des produits provenant d’animaux clonés tandis que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) publiait le 11 janvier, son projet d’avis scientifique sur les conséquences du clonage animal sur la sécurité des aliments, la santé et le bien-être des animaux et l'environnement, projet initié à la demande de la Commission Européenne en février 2007.
Ce sujet pour le moins sensible et auquel le consommateur ne semble pas prendre part nécessite quelques précisions.
Le premier élément à retenir est que le clonage, et par conséquent toutes les études et avis s’y référant ne concerne que les espèces porcine et ovine. En effet, les données et informations disponibles à ce jour ne concernent que ces deux espèces.
Le deuxième élément à retenir est les principales orientations ou conclusions des données et études concernant le clonage, que résument les conclusions du projet d’avis de la Commission Européenne :
1) Les taux de mortalité et de maladies chez les bovins et les porcins clonés sont significativement plus élevés que ceux observés chez les animaux issus de la reproduction sexuée.
2) La santé et le bien-être d’une partie importante des animaux clonés se sont avérés affectés de façon défavorable.
3) La composition des produits alimentaires issus de clones sains et de leur descendance, telle que la viande et le lait, est identique à celle des produits similaires obtenus à partir d’animaux reproduits de manière classique.
D’après ces conclusions, il apparaît clairement qu’éthiquement et religieusement la pratique du clonage nous posera question. D’autre part, en ce qui concerne le troisième point, cette technologie du clonage est relativement nouvelle et par conséquent les informations disponibles sur les éventuels effets secondaires des produits issus de ce type d’animal n’est pas significatif. L’évaluation des risques est donc très limitée.
Le Comité Scientifique de l’EFSA, après consultation auprès des États membres de l’Union Européenne, devrait vraisemblablement être en mesure d’examiner une version révisée du projet d’avis, pour une éventuelle adoption lors de sa prochaine réunion qui devrait avoir lieu ce mois-ci et une publication le mois prochain.
La Commission européenne a également demandé au Groupe Européen d’Ethique des Sciences et des Nouvelles Technologies (GEE) de se positionner. Ce dernier affirme ne« pas voir d'arguments convaincants justifiant la production de nourriture à partir de clones et de leur progéniture, compte tenu de l'ampleur actuelle des souffrances et des problèmes de santé des animaux porteurs et des animaux clonés ».
Le débat sur le clonage est désormais amorcé et l’adoption d’une telle pratique aux Etats-Unis ne laisse rien augurer de bon en ce qui concerne l’Union Européenne. Nous devons en prendre acte et mobiliser nos savants et nos scientifiques afin de pouvoir défendre nos valeurs avant qu’il ne soit trop tard.
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